Au-delà du financement des projets, TETRAA a proposé un accompagnement complet fondé sur trois piliers : un soutien financier aux dynamiques territoriales, un appui méthodologique favorisant les échanges entre pairs, la formation et la capitalisation des expériences, ainsi qu’un travail de recherche destiné à analyser les freins et les leviers des transitions engagées. Cette approche collaborative a permis aux neuf territoires pilotes d’expérimenter de nouvelles formes de gouvernance, de coopération et d’action en faveur d’une agriculture plus résiliente, d’une alimentation de qualité et d’une démocratie alimentaire renforcée.
L’une des ambitions majeures de TETRAA était de produire des connaissances transférables au-delà des territoires accompagnés. Les enseignements tirés des cinq années d’expérimentation ont donné lieu à de nombreuses ressources, méthodes et recommandations destinées aux collectivités, aux acteurs de terrain, aux chercheurs et aux décideurs publics. En faisant des territoires de véritables laboratoires d’innovation, le programme contribue à renforcer l’ingénierie de la transition agroécologique et alimentaire et à diffuser des pratiques capables d’inspirer d’autres initiatives en France et en Europe.
Les neuf territoires pilotes soutenus sont des collectifs d’acteurs locaux. Ils agissent à l’échelle de leur bassin de vie pour accélérer la transition agroécologique et alimentaire.
Les collectifs sont le plus souvent composés de collectivités locales, d’organisations professionnelles, d’associations et de différentes institutions (structures médico-sociales, établissements de recherche et de formation…). Par leur composition, ils se veulent représentatifs de la diversité des acteurs concernés par la problématique et se situent souvent à la croisée de plusieurs champs disciplinaires (agriculture, santé, environnement, éducation, etc.). Les territoires pilotes agissent à des échelles géographiques de taille variable, de la commune au Pays regroupant plusieurs EPCI. Le soutien de la Fondation aux territoires a perduré au-delà de la période du programme.
Douaisis Agglomération (Nord) : Douaisis Agglo, communauté de communes des Hauts-de-France, fédère un large collectif allant des producteurs aux consommateurs, en passant par les habitants. Ensemble, ils œuvrent pour plus de bien-être, de justice sociale et de résilience face au changement climatique, avec l’ambition d’accélérer la transition engagée depuis plusieurs années. En s’appuyant sur le levier de l’alimentation, le territoire cherche à offrir un cadre de vie plus écologique, équitable et solidaire, tout en améliorant la santé et le bien-être de tous. Cette dynamique repose notamment sur la diversification des productions agricoles, l’adaptation des exploitations au changement climatique et la préservation des ressources naturelles.
Enfin, Douaisis Agglo s’attache à revaloriser l’image des agriculteurs et agricultrices et à renforcer les liens de confiance entre le monde agricole et les habitants.
Ville de Grande-Synthe (Nord) : La ville de Grande-Synthe souhaite faire émerger un système alimentaire plus solidaire et inclusif. Face à la dégradation des écosystèmes, au changement climatique et aux inégalités sociales croissantes, elle accompagne l’évolution des pratiques et des activités économiques. Les citoyens sont ainsi invités à imaginer de nouvelles façons de vivre, d’habiter et de consommer.
L’enjeu est de renforcer la participation de tous, notamment des plus précaires, afin de garantir l’accès à une alimentation choisie, de qualité et respectueuse de l’environnement comme des agriculteurs. Cette démarche fédère citoyens, élus, acteurs économiques et techniciens autour d’un projet commun.
Enfin, face au départ à la retraite de nombreux agriculteurs, la commune souhaite faciliter la création d’activités maraîchères biologiques et accompagner la professionnalisation des porteurs de projet dans les filières locales.
Syndicat Mixte du Pays des Châteaux (Loir-et-Cher) : Le syndicat mixte du Pays des Châteaux agit sur l’ensemble des thématiques de la transition. Mobilisé au sein d’un Conseil Local de l’Alimentation, ils ont mis en exergue 5 enjeux :
– maintenir une diversité agricole garante d’une richesse paysagère ;
– développer une filière alimentaire locale pourvoyeuse d’emploi ;
– accompagner la transition alimentaire vers un modèle plus durable ;
– sensibiliser et rendre accessible une alimentation saine et locale auprès de tous les publics ;
– mettre en valeur le terroir pour développer l’image du territoire.
Les objectifs à court terme sont de diminuer de manière significative le gaspillage alimentaire dans les écoles, d’approvisionner l’aide alimentaire en produits locaux mais aussi de sensibiliser et impulser les changements de pratiques vers un modèle vertueux auprès des agriculteurs.
Communauté d’agglomération du Bassin de Bourg-en-Bresse (Ain) : Grand Bourg Agglomération est engagée depuis plusieurs années sur les enjeux agricoles et alimentaires, avec l’ambition d’accélérer la transition écologique en favorisant des produits de qualité et la relocalisation de la valeur ajoutée. De nombreux acteurs locaux sont mobilisés.
Quatre orientations structurent le schéma agriculture-alimentation : produire localement avec des pratiques plus durables, garantir l’accès de tous à une alimentation de qualité, sensibiliser aux enjeux agricoles et créer un environnement favorable à la pérennité de l’agriculture.
Cette dynamique repose sur des actions concrètes : jardins-vergers citoyens, approvisionnement de la restauration collective en produits de fermes-écoles ou agroécologiques, et développement d’outils logistiques pour renforcer le maillage territorial.
Parc Naturel Régional du Queyras (Hautes-Alpes) : Le territoire du Guillestrois – Queyras a pour ambitions de préserver les terres agricoles, faciliter l’installation de nouveaux agriculteurs et garantir une alimentation de qualité pour tous grâce à un outil coopératif et une mobilisation collective. Les enjeux et objectifs consistent à préserver les terres agricoles et à lutter contre la spéculation foncière, tout en favorisant l’installation de nouveaux agriculteurs afin d’assurer le renouvellement des générations et de conforter les exploitations existantes. Il s’agit également de sensibiliser et de fédérer les citoyens autour d’un outil coopératif innovant, de garantir l’accès de toutes et tous à une alimentation de qualité, et de développer la filière de semences paysannes locales adaptées au changement climatique.
Syndicat Mixte de développement du Pays Cœur d’Hérault (Hérault) : SYDEL du Pays Cœur d’Hérault s’engage vers un système alimentaire territorial durable, fondé sur une agriculture respectueuse de l’environnement, une diversification des productions et une meilleure réponse à la demande locale. Dans un contexte marqué par la prédominance de la viticulture et la baisse des surfaces agricoles, le territoire fait face à des difficultés d’installation et de structuration de l’agriculture nourricière. Pour y répondre, il vise à préserver les espaces agricoles et les ressources naturelles, notamment l’eau, tout en développant des filières locales et en favorisant l’inclusion des publics précaires. Cette dynamique repose sur une gouvernance partagée, au service de l’emploi, de la cohésion sociale, de la santé et d’un accès à une alimentation de qualité pour tous.
Pays Terres de Lorraine : Les acteurs du Pays Terres de Lorraine ont engagé une transition systémique fondée sur la résilience du territoire, en s’appuyant sur leurs acquis et leurs savoir-faire. Leur ambition est de changer d’échelle en renforçant les synergies, notamment avec les territoires voisins du sud de la Meurthe-et-Moselle avec lesquels ils partagent un Projet Alimentaire Territorial, et en mobilisant les habitants, en particulier les plus précaires.
Le collectif souhaite faciliter l’accès au foncier et la transmission des exploitations afin de consolider le tissu agricole et soutenir de nouvelles dynamiques économiques. Il vise également à développer les productions locales, structurer les filières de proximité et réduire les inégalités d’accès à une alimentation de qualité, tout en préservant durablement les sols, l’eau et la biodiversité.
Biovallée (Drôme) : Les intercommunalités de la Biovallée se sont fixé des objectifs ambitieux à l’horizon 2040 : 50 % de surfaces en agriculture biologique, une réduction de 50 % des intrants chimiques et 80 % de produits bio et/ou locaux en restauration collective. La Communauté de communes du Val de Drôme, moteur de cette transition, porte le programme Système Alimentaire Innovant, structuré autour de quatre axes : relocaliser l’offre alimentaire, développer une culture alimentaire responsable, expérimenter des solutions d’accès à une alimentation de qualité pour tous et adapter la gouvernance.
Cette démarche vise à mobiliser l’ensemble des habitants, dans une logique solidaire et intergénérationnelle, pour améliorer la qualité de vie sur le territoire.
Ville de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes) : Mouans-Sartoux agit avec un large réseau de partenaires pour développer une alimentation durable. Avec la MEAD, elle partage son expérience et soutient l’innovation. Sa politique vise souveraineté alimentaire et accès pour tous, appuyée par une régie agricole municipale. La MEAD coordonne les actions du PAT et accompagne d’autres territoires.