Durabilité des systèmes alimentaires

CE PROGRAMME EST DEPLOYE EN FRANCE ET EN ESPAGNE

Susciter l'apparition de systèmes alimentaires innovants

Des circuits courts aux échanges alimentaires internationaux, des modes de production à fortes externalités négatives aux modes agroécologiques à la fois prometteurs et très techniques, des produits très énergétiques, bon marché et peu nutritifs aux aliments riches en nutriments et moins accessibles, les systèmes alimentaires en France sont multiformes et contrastés, à l’image des consommateurs qu’ils rassemblent. Cette diversité est source de résilience des systèmes, et donc de durabilité vis-à-vis de chocs extérieurs (aléa climatique, économique etc.). Cette diversité, par les échanges qu'elles permet entre acteurs différents, est également source d’innovation. Augmenter cette diversité apparait donc comme un enjeu majeur pour réunir les conditions de progrès, dépasser d‘éventuels « verrouillages technologiques »[1] et accélérer les changements positifs à grande échelle.

Un enjeu fort : la ville, lieu privilégié de consommation, tend à condenser les déchets, gaspillages et pertes des derniers maillons des chaînes alimentaires. Ce "métabolisme urbain" concentre également la fertilité exportée des bassins de production, appauvrissant ceux-ci, pour générer des déchets organiques dans ces zones à forte concentration humaine. Or l'amélioration de la valorisation des déchets, gaspillages et pertes (au sein des systèmes alimentaires ou à l'extérieur de ceux-ci), permettrait non seulement de d'améliorer l'efficacité économique du système alimentaire (valorisation monétaire), sa performance environnementale (gestion de la fertilité), sociale (valeur sociale du recyclage), voire nutritionnelle (recyclage des nutriments).

Appel à projets 2016 :
La Fondation Daniel et Nina Carasso a ouvert les appels à projets "Systèmes alimentaires innovants et transition climatique" et "Economie circulaire".

Contribuer à développer des innovations agroécologiques

La production est le secteur concentrant l’essentiel des impacts environnementaux et économiques du système alimentaire[2] : Au niveau mondial, 50% des émissions de gaz à effet de serre du système alimentaire proviennent du secteur de la production (agriculture et élevage)[3], et 43% de la population active travaille dans ce secteur, dont une grande partie (environ 500 millions) vit sous le seuil de pauvreté[4]. L’objectif est donc de contribuer à améliorer la durabilité écologique et économique du secteur de l’agriculture et de l'élevage grâce à l'innovation, qui permettent à la fois un meilleur respect de l’environnement et un modèle économique viable pour les producteurs et les consommateurs.

Appel à projets 2016 -  Ecosystèmes, agricultures et alimentation :
La Fondation Daniel et Nina Carasso et la Fondation de France rééditent l'appel à projets de recherche-action sur le thème « Ecosystèmes, agricultures, alimentation ».

Contribuer à mieux gérer et réhabiliter les ressources alimentaires aquatiques

Les ressources halieutiques sont aujourd’hui surexploitées pour 30% des espèces pêchées[5]. L’effondrement brutal du principal stock mondial de poisson, au large de Terre Neuve, et la quasi disparition des grands bancs de morues depuis 1992 préfigurent ce qui semble en passe de se produire pour plusieurs centaines d’autres espèces[6], comme le chinchard dans le pacifique Sud ou le mérou en Afrique de l’Ouest. Ce programme vise à encourager les innovations techniques et la valorisation des bonnes pratiques de pêche ou d'aquaculture dans le respect de l’environnement et des acteurs de la filière.

Sensibiliser et éduquer à l’alimentation

Les consommateurs-citoyens jouent un rôle prépondérant dans l’évolution du système par l’orientation de leurs demandes économiques, éthiques et sociétales. Et plusieurs études récentes[7] ont montré que la construction d’un système alimentaire durable ne sera pas envisageable sans un changement des consommations de la population. Les modifications des pratiques alimentaires représentent donc un levier d’action privilégié. Celles-ci doivent être fondées sur une vision globale de l’alimentation et orienté vers des objectifs nutritionnels, environnementaux, économiques et sociaux. L’objectif de ce programme est de contribuer à ce changement en portant une attention particulière au public dont le rapport au monde est en façonnement, à savoir les enfants et les adolescents.

Voir des exemples d'organisations soutenues

[1] Une situation de verrouillage technologique est caractérisée par la quasi-impossibilité de sortir d’un système technologique vers un autre système du fait du coût global (économique, social etc.) qu’entraînerait cette transition.

[2]  Griffon M., 2006, Nourrir la planète, Editions Odile Jacob, 456p.

[3] GIEC, 2007, Changements climatiques, rapport de synthèse, Genève, 103 p.

[4] MAZOYER M., ROUDART L., 2005, La fracture agricole mondiale, nourrir l’humanité aujourd’hui et demain, Encyclopédie Universalis, Paris.

[5] FAO, 2012, La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture

[6] Mullon C., Fréon P. and Cury  P., 2005, Patterns and models of collapsing world fisheries , Fish and Fisheries. 6 : 111-120.

[7] Audsley E, Brander M, Chatterton J, Murphy-Bokern D, Webster C, Williams A. How Low Can We Go? An assessment of greenhouse gas emissions from the UK food system and the scope for reduction by 2050. Godalming, UK: FCRN-WWF-UK; 2010. 
Solagro, Oréade-Brèche, ISL. Agriculture , Forêt et Facteur 4. Vidalenc E, editor. Paris, France: Ademe; 2012.
Erb K, Haberl H, Krausmann F, Lauk C, Plutzar C, Steinberger JK, et al. Eating the Planet: Feeding and fuelling the world sustainably , fairly and humanely – a scoping study. Vienna; 2009.
Stehfest E, Bouwman L, van Vuuren DP, den Elzen MGJ, Eickhout B, Kabat P, et al. Climate benefits of changing diet. Climatic Change. 2009 Feb 4;95(1-2):83–102.