Dans son second rapport, IPES-Food appelle à un changement de paradigme en faveur de systèmes agro-écologiques diversifiés.

29 Juin 2016

IPES Food, comité international d'experts sur les systèmes alimentaires durables crée par la Fondation Daniel et Nina Carasso, publie un rapport qui montre les limites de l'agriculture industrielle, et les résultats encourageants des systèmes agroécologiques. Il porte une réflexion sur les freins à un passage vers un modèle agricole plus respectueux des Hommes et de l'environnement.

 

La Fondation Daniel et Nina Carasso a le plaisir de vous annoncer la publication du second rapport de l’International Panel of Experts on Sustainable Food System (IPES-Food), co-présidé par Olivier de Schutter et Olivia Yambi, dont elle a impulsé la création et soutenu le travail depuis 2014. IPES Food a été créé en réponse à la nécessité d'informer les débats politiques sur la manière de réformer les systèmes alimentaires à travers le monde. Il rassemble les voix d'experts représentant les différentes disciplines et différents types de connaissances, permettant une analyse transdisciplinaire des systèmes alimentaires, en intégrant notamment les apports de l’économie politique.

Intitulé « From Uniformity to Diversity: A Paradigm Shift from Industrial Agriculture to Diversified Agroecological Systems », le rapport analyse en profondeur les impacts du modèle agricole industrialisé fondé sur l’uniformisation et la spécialisation de modes de production intensifs. Bien qu’ils aient largement contribué à atteindre des niveaux de rendements élevés, ces modèles ont entrainé des impacts négatifs multiples : émissions de gaz à effet de serre, perte de biodiversité, persistance de la faim et des déficiences alimentaires, accroissement alarmant des maladies chroniques non-transmissibles comme le diabète, augmentation des taux d’obésité , etc.

Pour l’équipe d’IPES-Food, conduite par Emile Frison, par ailleurs président du comité scientifique de la Fondation Daniel et Nina Carasso, les systèmes alimentaires industriels sont au cœur d’une série de cercles vicieux. En particulier, la structure même de ces systèmes ne bénéficient qu’à un nombre limité d’acteurs, renforçant leur pouvoir économique et politique, jusqu’à permettre un verrouillage du système faisant obstacles à des réformes d’ensemble en faveur de l’intérêt général. Selon les auteurs, de simples actions correctives seront insuffisantes à briser ces cercles vicieux, qui appellent un changement de paradigme profond.

Source : IPES-Food. 2016. From university to diversity : a paradigm shift from industrial agriculture to diversified agroecological systems. International Panel of Experts on Sustainable Food Systems.

IPES-Food plébiscite au contraire des systèmes de production fondés sur la diversification des cultures, la substitution des intrants chimiques par des intrants organiques et des services écosystémiques optimisés, et s’inscrivant dans une stratégie de long-terme ayant pour objectif une fertilité renouvelée et de développement de sources de revenus stables pour les producteurs-transformateurs.

Selon les auteurs, les résultats d’un nombre croissant de recherches démontrent que ces « systèmes agroécologiques diversifiés » peuvent être compétitifs en termes de volumes de production, qu’ils résistent mieux à un haut degré de stress environnemental, qu’ils permettent une reconstruction de la biodiversité dégradée, ainsi qu’une meilleure production dans les régions où la sécurité alimentaire n’est pas assurée. Enfin, ils facilitent la diversification des régimes alimentaires et une amélioration globale de la santé.

Le rapport complet, ainsi le résumé exécutif sont disponibles en anglais et en Français ici : http://www.ipes-food.org/reports

En suivant ce lien, vous accéderez également aux messages clefs du rapport, également disponibles en français et en espagnol.